pascale moïse

Bertrand Irrigaray
Antiquaire et collectionneur

"J’ai vu deux de vos tableaux.
Vous féliciter serait bien trop banal,
ne me prenez pas pour un médiocre flatteur
si je vous exprime toute l'émotion
qui s'est emparée de moi.
Emotion avec le tableau qui ressemble à ceux
de Nicolas de Staël,
il présente un équilibre de masses en camaïeu bleu
qui suscite une force harmonieuse, quant à l'autre,
l'émotion est encore plus forte,
quel univers infini et insondable dans ces camaïeux de bleus,
ces formes superposées de courbes et d'angles
qui partent dans tous les sens
évoquent les plis des cerveaux limbique ou cognitif,
la matière microscopique et le monde minéral.
La matière picturale semble palpable,
elle transpire de sensualité.
En fait ce que vous faites est exceptionnel à mon avis.
Vous avez raison de persévérer,
la puissance créatrice révélée par vos oeuvres
doit vous apporter beaucoup de satisfactions
et la réussite n'est certainement pas très loin.
Je dois dire que je suis très sensible au bleu
qui est ma couleur préférée,
mais objectivement,
votre talent est indéniable.”



Acrylique sur papier, 10 x 15 cm, 2003Acrylique sur papier, 15 x 25 cm, 2003

" Pour ce qui est des personnages, ces dessins ressemblent à des calligraphies d’Extrême Orient, ils évoquent pour moi, les mises en scène de danse de Maguy Marin, mais là je suis moins sensible parce que vous faîtes de la représentation, c’est certainement important pour vous d’explorer différents styles, mais du peu que je comprends de votre peinture et donc de vous, l’évasion vers des représentations abstraites vous procure une imagination débordante. Par la même, vous ouvrez les portes de l’oubli et du plaisir dans la contemplation de vos œuvres pour vos admirateurs. J’espère pour vous que le plaisir de peindre n’a d'égal que le bien-être procuré par certaines de vos œuvres à ceux qui les contemplent".
   
                                                                                              Encre sur papier, 25 x 25 cm
Un inconnu Galerie du Montparnasse
Alain Golomb 
écrivain et enseignant

"Pascale Moïse est née en 1961. Elle vit et travaille à Paris. Grande lectrice, longtemps journaliste dans la presse écrite, elle n’avait jamais  peint ni dessiné. A quarante ans, elle ressent la nécessité d'un nouveau mode d’expression.  Depuis, elle n'arrête plus. Elle expose dans des ateliers d’artistes, des galeries  etc.
Réalisé d’un geste rapide, sans repentir, son travail porte la trace du mouvement. Il se réinvente constamment. Pascale Moïse reprend ses motifs, les transforme, leur donne d'autres rythmes.
On ne peut voir ses encres sans penser aux écritures chinoises, japonaises. A la calligraphie, aux idéogrammes. Simplicité, sobriété qui laissent place à l’imaginaire.
Son art énigmatique est accueillant.
Pascale Moïse ne nous raconte pas d'histoires, elle nous invite à nous en raconter nous-mêmes".
Sans titre, 2015, encre sur papier, 25 x 25 cm                                                  
Acrylique sur papier, 15 x 20 cm, 2004
Elisabeth Pradoura
psychologue, portraitiste

"Pascale Moïse aime travailler vite, de façon spontanée et instinctive. Après avoir expérimenté le pastel, elle a choisi l’acrylique et l’encre. Le sens de la couleur, le travail de la matière imprègnent ses toiles abstraites. Parfois de petits formats, elles ouvrent pourtant sur un espace que l’on ressent vaste et ouvert, elles invitent à voyager dans un univers à la fois sobre et complexe où l’on ne cesse de découvrir des passages et des formes. Pascale Moïse ne donne pas de titre à ses peintures, elle trouve que cela limite l’imaginaire. Elle préfère laisser l’autre, celui qui regarde, s’approprier sa peinture. Ce regard sur sa peinture est indispensable pour elle. Si peindre est une aventure solitaire, exposer est un pont formidable pour rencontrer les autres autour de l’art. Elle aime rencontrer tout autant peintres que public inexpérimenté. Depuis 2004 elle expose régulièrement : ateliers, galeries etc."




           Acrylique sur papier, 2012
Laurent Danchin
écrivain, critique d'art

"Votre petite peinture est très précieuse, et c'est un véritable objet de méditation, comme les pierres de rêve des Chinois, qui avaient une telle importance dans la tradition. Hélas, que reste-t-il de la Chine aujourd'hui ? Heureusement que les vrais Chinois, comme vous, sont ici, à Paris."

"J’ai regardé vos peintures et vos signes. Il y a beaucoup de vie dans votre art, aussi « abstrait » qu’il soit, et vos signes sont très vivants. Ils  font penser à ceux d’Henri Michaux en plus incarnés".    
Robert Linhart
Sociologue, philosophe et écrivain

"Ce qui saute aux yeux, quand on observe pour la première fois le travail de Pascale Moïse, c’est la diversité de ses sources d’inspiration : telle toile, assemblages de taches noires sur fond blanc, évoquent le test du psychanalyste Rorschach, d’autres des hiéroglyphes ou des caractères chinois. Telle autre ressemble à un poisson fantastique (un requin bleu ?) surgissant des flots…
Des bleus glacés, (une voile émergeant d’une banquise ?), des jaunes et des rouges vifs évoquent des fleurs fantastiques.
Un paysage de verdure, des tuiles ocres jaillissent de la toile… des flots bleus, une forêt d’une même couleur…
Un paysage marin : une mer bleue foncée, avec un bateau incertain, et un ciel nuageux gris-bleu.
Cette fois, c’est une étrange fusée bleue foncée qui sort d’une mer agitée…
Des petites encres noires sur fond blanc évoquent, l’une un pêcheur, ou un marin sur sa barque, l’autre une frêle voile au bord d’une vague monstrueuse…
On ne peut qu’admirer cette œuvre foisonnante et multiforme."


Acrylique sur papier, 10 x 15 cm, 2003
Jean Pierre Raynaud   Artiste plasticien                                                                                                                                                                         



De toutes les couleurs
Du vert si tu préfères 
Pour aller dans ta vie quand ta vie désespère 
Pour t'enfuir loin du bruit quand le bruit exagère 
Et qu'il met un champ d'ombre au bout de ton soleil 
Quand les parfums jaloux de ton odeur profonde 
S'arrangent pour lancer leurs signaux à la ronde 
Et dire que les bois vertueux de l'automne 
Sont priés de descendre et de faire l'aumône 
De leur chagrin mis en pilule et en sommeil 

De toutes les couleurs 
Du bleu dans les discours 
Et dans les super ciels qu'on voit du fond des cours 

Avec des yeux super et quand on voit l'Amour 
Lisser ses ailes d'ange et pliant sous l'orage 
Quand les gens dérangés par la moisson du rêve 
S'inquiètent de savoir comment les idées lèvent 
Et comment l'on pourrait peut-être leur couper 
Les ailes et la vertu dans le bleu de l'été 
Quand naissent les idées avec la fleur de l'âge

De toutes les couleurs
Du jaune à l'étalage 
Et dans la déraison quand Vincent la partage 
Quand la vitrine du malheur tourne la page 
Comme tournent les sols devant la Vérité 
Du jaune dans le vent quand le pollen peluche 
A l'heure exacte et fait danser le rock aux ruches 
Quand une abeille a mis son quartz à l'heure-miel
Quand le festin malin semble venir du ciel
Pour rire jaune enfin dans le supermarché 

De toutes les couleurs 
Du rouge où que tu ailles 
Le rouge de l'Amour quand l'Amour s'encanaille 
Au bord de la folie dans la soie ou la paille 
Quand il ne reste d'un instant que l'éternel 
Quand grimpe dans ton ventre une bête superbe 
La bave aux dents et le reste comme une gerbe 
Et qui s'épanouit comme de l'Autre monde 
A raconter plus tard l'éternelle seconde 
Qui n'en finit jamais de couler dans le ciel 

De toutes les couleurs 
Du noir comme un habit 
Du noir pour ton amour du noir pour tes amis 
Avec un peu de rêve au bout en noir aussi 

Et puis teindre du rouge au noir les thermidors 
Quand Dieu boira le coup avec tous tes copains 
Quand les maîtres n'auront plus qu'un bout de sapin 
Quand ils auront appris à se tenir debout 
Avant de se coucher pour tirer quelques coups 
Et sans doute les quat'cent coups avec la mort

Texte de Léo Ferré
                                                                                        Photo Jean-Marc Ayral  Pascale Moïse avec Léo Ferré en 1986                                                                                                                                                        https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/leo-ferre-la-contre-culture-du-spleen/                                                    
Jean-Louis Trintignant, 1986                                                                                      Janvier 2018 :                                                                            https://www.arte.tv/fr/videos/080208-001-A/jean-louis-trintignant-et-daniel-mille-a-radio-france/                                         

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